Livre d'or de Bernard Garo

Bernard Garo souhaite remercier la Municipalité de Savièse et son Président, le comité d’organisation et plus précisément la personne de Ariane Udry pour l’honneur qui lui est fait d’avoir été choisi comme artiste invité dans le cadre de la manifestation 2016 de Saint Germain des peintres. En effet, à l’aube de grands bouleversements environnementaux, sociétaux, énergétiques et politiques qui nous attendent, en plus des séismes naturels et de la violence latente, l’art participe à l’éveil des consciences. La contextualisation et l’universalité du langage plastique, accompagné par une réflexion, révèle par transposition un regard différent, une nouvelle réalité qui ne laisse personne indifférent. En demeurant hors de toute influence, politique ou religieux, l’artiste est un acteur de l’évolution de notre société. En ouvrant sa propre voie et en mettant le doigt sur nos vulnérabilités, nos disfonctionnements et dérèglements, en condamnant la misère et les injustices et en s’insurgeant contre le barbarisme, il questionne notre identité et nos responsabilités par rapport à notre environnement tout en questionnant la matérialité. Cette démarche est aussi essentielle qu’un cri ou qu’une respiration dans un monde en quête de repères, qui montre des signes de délitement et compte de plus en plus de marginalisés. Dans ce contexte, mon œuvre est mue par l’envie de stimuler le changement, enrichie par l’héritage de l’histoire de la peinture, elle s’inscrit dans une recherche personnelle de pureté, de sincérité et d’ouverture à l’inconnu, entre ordre et chaos. Quand je me positionne comme un observateur silencieux au cœur des fragilités de notre société, je perçois le langage formel de mon environnement au-delà de toutes définitions ou image, je mémorise en premier lieu les vides, les ombres mouvantes, les rythmes, les tensions et les structures, avec la seule préoccupation de peindre inlassablement les imperceptibles mouvements de notre planète que je capte et ressens. Je tente ainsi de révéler son délabrement, ses déséquilibres, ses fissures, ses points de rupture et de bascule avec poésie et sensibilité, sans forcément mettre en avant les traces de violence ou de destruction. Une quête de l’émotion qui se trouve dans l’instant qui précède le chavirement et qui ravive notre sentiment de vulnérabilité. L’art représente aujourd’hui, plus que jamais, un acte de résistance face à l’uniformisation et à l’indifférence. "L’acte de résistance (…) a deux faces : il est humain et c’est aussi l’acte de l’art. Seul l’acte de résistance résiste à la mort, soit sous la forme d’une œuvre d’art, soit sous la forme d’une lutte des hommes." (Gilles Deleuze)